Charade m'a prise par surprise, alors que je testais la gamme Sarah Baker pour la première fois à Jovoy. Il a conquis mon cœur en un instant et j'ai su que je devais au moins acheter un échantillon pour explorer et apprécier pleinement ce parfum magistral. Depuis, il se trouve en haut de ma liste de souhaits et c'est facilement mon préféré de la maison. Il s'agit d'un parfum de tubéreuse puissant, mais pas comme vous pourriez le croire. Les facettes douces et fruitées de cette merveilleuse fleur sont rehaussées par la délicatesse du miel et reposent sur une base onctueuse d'ambre chaud et un mariage crémeux d'ylang, de bois de santal et de mousse de chêne. Cependant, c'est le cuir qui fait de ce parfum ce qu'il est. Il lui donne une épaisseur quelque peu robuste, empêchant la tubéreuse de devenir trop savonneuse ou de ressembler à un chewing-gum. Je peux honnêtement dire que je pense qu'il s'agit d'un véritable chef-d'œuvre. La tubéreuse et le cuir sont des associations qui peuvent avoir une odeur extraordinaire si elles sont bien faites, et ici c'est parfait. Ce parfum m'a fait réaliser que la tubéreuse est l'une de mes notes préférées lorsqu'elle est bien utilisée.

J'adore le va-va-voom luxuriant et enfiévré de la tubéreuse, et c'est toujours un bon moment pour voir comment elle est interprétée à travers les lentilles de différents parfumeurs. Charade de Sarah Baker fait irruption sur scène avec une tubéreuse à l'allure de dame effrontée, pas la diva classique et opulente à laquelle on aurait pu s'attendre. Il s'agit d'une effervescence espiègle ; imaginez les voix de Queenie Goldstein ou de Betty Boop, avec un souffle, un ricanement de champagne et un chuchotement de miel. Mais coup de théâtre ! Pendant que notre tubéreuse vertigineuse vous distrayait avec ses chicaneries artistiques et ambrosiennes, une fougère végétale émerge et un elfe de Lothlorien sort de l'ombre, une flèche sylvestre pointée vers votre cœur. La luxuriance de la tubéreuse se mêle aux notes verdoyantes, reliant nos deux étoiles, créant une tension captivante. L'ylang-ylang ajoute une douce langueur, tandis que le styrax et le benjoin tissent un léger sillage de douceur fumée et balsamique. L'accord de cuir semble ne pas être à sa place, mais c'est le metteur en scène à la fanny de cuir huileux et terreux qui tient cette improbable production théâtrale ensemble