Woweee quelle force ! Il ne fait pas de prisonniers, il est d'une noirceur implacable, d'une noirceur et d'une verdure magnifiques. Le jus noir et gothique, enfin en ma possession, me rappelle un pot d'olives noires. Je pourrais parler toute la journée du sapin naturaliste, du sol de la Forêt chargé d'aiguilles de pin pourries. Je vais plutôt parler de l'élément brûlé, mais non fumé, de la sciure de bois qui me ramène à l'école, en classe de menuiserie. Norne sent le MDF brûlé (rien de moins naturel !) ou le bois brûlé par friction. Il a une qualité résineuse profonde et une odeur tout à fait unique, avec le piquant et la perception de la fumée qui donnent une impression d'encens méditatif. Cette composition semble simple, et l'est vraiment... Norne provoque des réponses variées mais définitives qui donnent un air de complexité. Je l'aime et il peut me tacher autant qu'il veut, je le porterais... mais je ne sais pas quand ? L'ensilage et la longévité de cet extrait sont énormes.

Des forêts de nuit noire figées dans le temps, des pins goudronneux et résineux, des sapins verts, l'air vif de minuit, de minuscules points de lumière d'étoiles. La fumée de bois et le terreau, le lichen et la fougère, et les mousses moisies rampent, rampent sur les troncs d'arbres tombés et les chemins de pierre usés. Des toiles d'araignées s'enchevêtrent dans les branches, la poussière se dépose sur les fils. Le temps a ralenti et s'est finalement arrêté dans cette forêt, tandis que le monde extérieur avance, évolue et se déplace, comme c'est l'habitude du monde, que l'on s'en mêle ou non. C'est un bois calme, solennel, oublié, sans naissance ni croissance, et pourtant éternel.